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Le grand Ménage !

Texte Libre

Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 23:50

Benedicte.jpg Les mots frappent, percutent. Une larme, une angoisse... Ils perforent les pages telles des bastos. Une larme, un sourire... Ils rejoignent l'écume des vagues, car les phrases s'enchainent comme un déferlement sur l'océan de nos yeux. Une larme, une colère... Elles retombent comme la pluie d'été, celle de l'orage, car nous souhaitons crier notre rage, celle du tonnerre, car on se sent impuissant... Et du tonnerre car les nerfs à vif... Nous sommes spectateur, mais non dans la catharsis. Nous sommes ses yeux, nous ressentons... Nous partageons. Les chroniques ouvrent notre esprit, et mettent nos sens en eveil. Le goût, l'odorat, le toucher, car à chaque témoignage, l'on est téléporté sur la scène, d'un commissariat, d'une cour d'assise, de la voie publique, d'un flag... A l'ultime page, lorsque tout est enfin dit, exprimé, il nous reste son regard, ce regard que l'on souhaite être béni, comme celui de ses collègues dont elle nous conte parfois les mésaventures... Effrayantes mais aussi plein de tendresse, d'espoir et d'optimisme. Elle, c'est Bénédicte Desforges, elle est flic, et comme elle le dit... Nous sommes là. Nous sommes toujours là.

Par H.
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Samedi 16 juin 2007 6 16 /06 /Juin /2007 01:22

Préparer un concours nécessite du travail, je pose donc le clavier pour saisir et affûter mon stylo plume. 

Jusqu'à une prochaine fois, peut-être...

Par H.
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Jeudi 14 juin 2007 4 14 /06 /Juin /2007 22:35

Tantôt rouge à la lumière, tantôt lumineux au bluestar, le sang nous illumine incontestablement de par sa nature. Associé à la vie... Associé à la mort, la violence, l'homicide, le crime... J'oppose au mal à l'absence au néant, le bien la présence et mon être. Au Spleen de Baudelaire, à sa chute et à la mort qu'il  nous offre dans ses Fleurs du Mal, j'oppose son Idéal et une réalité qui est autre... La mémoire et l'imagination. Aux Jardins du Diable investies par l'ASPTS, j'offrirais  mon hommage, mon coeur, ma chaleur. Le gestionnaire de scène de crime est semblable aux poète symbolique. Il est tel un alchimiste fabriqué par nos fantasmes imagés du Moyen-Âge. Celui-ci change la boue en or. Demain nous ASPTS, changerons une mèche de cheveux en indice. Nous serons les mages de l'identité judiciaire, au service de la police, à la disposition de la justice, au chevet de notre honneur, notre fièrté, notre conscience, notre bonheur. Nous serons les Fleurs du Mal comme ceux de Charles Baudelaire. Au difforme et au laid, nous échangerons nos regards, notre attention et porterons le mouvement... Nous donnerons l'équilibre, nous éliminerons de par notre présence le trouble car nous serons au service de la clameur publique.

Mon regard illuminera, votre regard m'illuminera, nous serons comme des miroirs. En rentrant de permanence chez moi au matin, je dirais comme Guillaume Apollinaire... Vienne la nuit sonne l'heure les jours s'en vont je demeure.










H.
Par H.
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Mardi 12 juin 2007 2 12 /06 /Juin /2007 15:43

La scène de crime est généralement définie comme étant le lieu où s'est déroulé une infraction. Moi j'appelle ça un bel oxymore. La scène... Quelle étrange manière qu'ont les Hommes; de vouloir adoucir, atténuer; les actes de ses semblables, qui peuvent parfois revêtir les manifestations les plus violentes et les plus cruelles qui soient. Quel bel euphémisme, quelle belle métaphore... Versons un peu plus dans la figure rhétorique, et on se retrouverait assis à la comédie française, regardant Le Révizor de Gogol avec Denis Podalydes dans le premier rôle. La scène de crime... Voilà une association de termes dont nous sommes de toute évidence habitués. La scène, la métaphore; le crime, la valeur absolue, nous dirait Jean Macé. La réunion de ces deux contraires nous désigne l'aphorisme, la définition, celle-ci ne pouvant se passer de l'un ou l'autre de ces termes. Et bien Soit, entrons dans la danse. Côté cour les officiers de police judiciaire et leurs collègues gestionnaires de scène d'infration. Côté jardin la victime. Voilà ce à quoi je médite, en ayant bouclé mes réflexions sur la police scientifique. La scène de crime ressemblerait plutôt à un champ de mines. Il faut y pénétrer avec prudence, d'un pas doux, sans gestes brusque, les yeux constamment en alerte. Pendant la seconde guerre mondiale, lors de la bataille d'El Alamein en Egypte, les soldats de l'Afrika Korps, auraient sûrement fait d'excellents gestionnaires de scène d'infraction, tellement le soucis du détail qu'ils entretenaient, pouvait parfois être poussé au paroxisme le plus sournois. Branchez une mine dont le dispositif de mise à feu est placé dans un cadre. Penchez ce dernier de manière à ce qu'il soit tordu. L'officier anglais, forcément voudra le replacer correctement... L'acte ultime de sa vie... Pour un cadre. Dans une guerre, penser aux réactions de l'ennemi, anticiper ses gestes, c'est faire preuve de psychologie. En sirotant mon traditionnel café, j'en conclu qu'investir les lieux d'un crime, necessite forcément d'en avoir. Chaque objet, chaque particule retrouvé sur les lieux du crime, est comme une bombe. Si elle explose, l'indice est détruit. Alors scène de crime... Si on veut. J'appelerais cela Les Jardins du Diable du nom de champ de mines concocté par Rommel, chef de l' Afrika Korps. Le théâtre des opérations de prélèvements se déroule d'autant plus avec difficultés, que les victimes de crimes ne se présentent généralement pas sous leur meilleur profil... C'est peu dire. En tant qu'ASPTS, c'est Les Jardins du Diable que j'aurais pour mission d'investir. Et comme le personnage de Sartre, je dirais, en rentrant chez moi, le soir, de retour de permanence... Moi j'ai les mains sales, jusqu'aux coudes, je la ai plongées dans la merde et dans le sang.










H.

Par H.
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Dimanche 10 juin 2007 7 10 /06 /Juin /2007 16:36
Fenêtre ouverte, face aux étoiles, l'expresso rituel. Plus tôt, entre le fromage et la poire williams, mon attention se portait sur des documents instructifs à plus d'un titre. Je mesure le chemin parcouru. En consultant un nombre incalculable de dossiers sur la police scientifique, j'avais par la force des évènements, élargi le champ de mes recherches jusqu'à l'ONU. En revenant aux niveaux inférieurs, je m'était même interrogé sur le rôle du personnel nettoyant dans les services d'identité judiciaire (et j'en ai appris). Je suis allé loin, trop loin... J'était arrivé au bout de mon périple. L'horizon avait été atteint. Le crépuscule envahissait peu à peu l'univers de ma préparation au concours. Comme si après avoir rempli mes yeux de tant d'images, tant de matières, tant d'information, le vide devait répliquer... Le néant. Sans rien, sans personne, sans compagnon, sans allié, sans complice, je me retrouvais solitaire, uniforme, effrayant. La seule chose qui me restait pour parfaire mes connaissances, c'était d'aller au-delà, vers les cieux. J'abordais donc la relation entre la police scientifique et les Ovnis. Mes conclusions après quelques années de recherches tiennent en un chiffre : Il n'y a que deux documents officiels ayant véritablement un interêt. Il y a eu des rapports, des analyses biochimiques dans un laboratoire, et des résultats probants... Il n'existe que deux cas en l'espèce ayant simultanément intéressé les services de gendarmerie et les instituts scientifiques spécialisés. Deux cas, pas un de plus, pas un de moins. L'expresso me remet d'aplomb, l'équilibre est revenu, la pression se libère... J'expire à grandes bouffées d'air la chaleur réconfortante de la caféine. Je suis apaisé et serein. Comme je suis un indécrottable perfectionniste, et que j'apprécie d'aller au bout de mes raisonnements, j'explore le sujet en long en large et en travers. 97 % des sites sur ce thème sont à mettre directement au fond du caniveau (les poubelles sont encore trop bien pour ce genre de littérature) et 99,98 % des scientifiques ne maîtrisent pas le domaine. Le jury pourra me questionner sur ce thème, je suis prêt à embarquer vers les étoiles, celles de mes nuits.











H.
Par H.
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Dimanche 10 juin 2007 7 10 /06 /Juin /2007 00:49
Alain Chabat qu'on ne présente plus, nous avait régalé avec sa devinette... Savez-vous quelle est la patisserie la plus mystérieuse ? Réponse : La tarte tatin... Parce que la tarte... Tatinnn... Tatinnn... (prononcer la phrase lentement en prenant l'air mystérieux et en fronçant légèrement les yeux, faire sonner la dernière syllabe tin). En pointant parfois mon regard vers les étoiles -les compagnes de mes nuits- je méditais souvent au sujet du concours, de mes connaissances acquises et à venir. Le fil de la police scientifique que j'avais tiré s'était certes rompu, mais celui-ci, inexorablement, soudainement se retendit... Les étoiles m'avaient donné un signe, auquel je n'avais guère pensé. Entre elles et moi, le fil... les premières scintillaient de toute leur lumière en m'ouvrant à l'imagination et au voyage, le dernier rattaché à la pelote de la fonction publique, était tel un aimant fixé à l'attraction terrestre... Celui-ci essayant tant bien que mal à me confiner à la raison, la logique, au rationnel. J'ai donc rompu à nouveau ce fil, j'ai plongé ma tête dans les étoiles, et me suis laissé emporté par l'interrogation suivante : La police scientifique s'occupe t-elle des ovnis ? Tatinnn... Tatinnn... Il est plus que temps de m'enfiler un express'. L'amertume caféïnée me permit d'opposer la saveur sucré et douce du mystère que souhaite m'auréoler la fameuse tarte de Chabat. Il n'y a en effet pas de mystère, car l'investigation des policiers et des gendarmes a aussi pour mission d'enquêter sur les cas d'objets volants non identifiés. La Grande Ourse me regarde d'un drôle d'air à cette annonce.

Il me reste de la tarte tatin dans le frigo, affaire à suivre...














H.
Par H.
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Jeudi 7 juin 2007 4 07 /06 /Juin /2007 23:23

 





Les concours sont ouverts depuis le 1er juin, les calendriers vont être fixés. Le moment de faire un interlude, et d'affûter les stylos plumes.

Les filles sont les personnes les plus nombreuses aux épreuves...

En avant la zizique !...



 

Avez-vous vu un homme tout nu
Sortir soudain d'la salle de bain
Déjà chauve et un peu ventreux
Et la moustache pleine de chagrin
Avez-vous vu un homme bien laid
En train d'manger des spaghettis
Fourchette au poing l'air abruti
D'la sauce tomate sur son gilet

Quand ils sont beaux ils sont idiots
Quand ils sont vieux ils sont affreux
Quand ils sont grands ils sont fainéants
Quand ils sont petits ils sont méchants

Ne vous mariez pas les filles ne vous mariez pas !
Faites plutôt du cinéma
Restez pucell' chez vot' papa
Devenez serveuse chez un bougnat
Elevez des singes élevez des chats
Vendez des boîtes de chocolat
Prenez le voile ou l' prenez pas
Dansez à poil pour les gagas
Soyez radeuses avenue du bois
Mais ne vous mariez pas les filles, ne vous mariez pas !


Avez-vous vu un homme gêné
Rentrer trop tard pour le dîner
Du rouge à lèvres sur son col
Du flageolant dans la guibole
Avez-vous vu au cabaret
Un monsieur qui n'est plus très frais
Se frotter avec insistance
Sur une petite fleur d'innocence

Quand ils sont bêtes ils vous embêtent
Quand ils sont forts ils font du sport
Quand ils sont riches ils gardent l'artiche
Quand ils sont durs ils vous torturent

Ne vous mariez pas les filles, ne vous mariez pas !
Mettez vos robes de gala
allez danser à l'Olympia
Changez d'amant quatre fois par mois
Prenez la braise et gardez-là
Cachez la fraîche sous vos matelas
A cinquante ans ça servira
A vous payer des beaux p'tits gars
Rien dans la tête tout dans les bras

La belle vie que ça s'ra
Si vous ne vous mariez pas 
Si vous ne vous mariez pas
Si vous ne vous mariez pas...

Boris Vian.

Par H.
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Mardi 5 juin 2007 2 05 /06 /Juin /2007 23:42
Lentement, sûrement, la nuit s'étend. L'aventure débutait par la lecture d'un article de procédure pénale... Le principal bien sûre. Le temps d'ingurgiter mon express' traditionnel, comme si, le geste répété chaque soir, sonnait comme une note solennelle, et voilà sous mes yeux, de retour, quelques notes sur la police scientifique auxquelles je souhaitais accorder plus d'attention.  Des notes, des fiches, des morceaux de papier, ici ou là, le bureau en regorge. Tantôt classés, tantôt éparpillés, ils sont le compagnon de mes nuits étoilées. Je suis curieux... Je me demande. Je me demande de quelle façon les autres candidats préparent le concours ASPTS.  Mes yeux vont et viennent, examinent avec un regard le plus averti possible, chaque information lue, recueillie. Je ne pourrais aller au-delà. Les limites ont été atteintes. Le temps des révisions est venue, celle des sciences, celles des tests. Les réflexions, les idées, les arguments que j'ai pu retirer de la police scientifique sont comme le fil de la laine. Quand je tire dessus, c'est toute la pelote de la fonction publique qui vient avec, et j'ai tellement tiré, que le fil s'est rompu, comme pour dire... Stop ! il n'y a plus rien... Au-delà, c'est de la répétition, de l'esthétique. L'essentiel a été sauvegardé. Soit, je cesserais donc  les recherches pour accorder mon énergie aux écrits. Mes nuits étoilées, je m'en souviendrais... Les nuits à décortiquer un article de procédure pénale, également. C'est également par cette dernière que je terminerais mon long et sinueux voyage... La boucle est bouclée. Tout est connecté, l'ensemble tient dans une cohérence, non celle des autres, mais la mienne. L'alpha, l'oméga (ma LOPSI bien sûre) désormais se repose. Je suis arrivé au bout du voyage... Au bout du fil.



















H.
Par H.
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Samedi 2 juin 2007 6 02 /06 /Juin /2007 00:38

M

Telle une araignée, je tisse ma toile...

En entamant la lecture de mes fiches, mes dossiers, et mes documents, je mesure le chemin parcouru. Des définitions assimilées, un rythme soutenu à consulter des kilomètres de pages web, une familiarisation avec mon alpha, mon oméga (La LOPSI bien sûre).  Patientons jusqu'au début des épreuves... Je prépare le concours sereinement, mais le jour tant attendu sera lui le véritable théâtre des enjeux. C'est en 2005 que j'ai véritablement débuté mes recherches sur la police scientifique. A cette période, je méditais sur la tâche à accomplir. Que me reste-il aujourd'hui ? 
La co-administration d'un forum sur le site consacré aux concours de la fonction publique, la gestion de plusieurs centaines de candidats se pressant au rubriques des divers métiers, que l'on peut y trouver.
La participation -très modeste- en 2006, à une emission sur Europe 1 consacrée notamment à l'IRCGN (en fait, je jouais le rôle du candidat aux concours, et de celui qui pose de bonnes questions, ambiance très sympa...). Au passage, je salue Fanny et lui retourne ses remerciements, pour sa gentillesse. 
La collaboration -modeste- et toujours en cours, avec un auteur travaillant à l'écriture d'un essai sur la police scientifique, et à qui je doit rendre dans deux jours, le produit fini de mes recherches... Au passage, je remercie Bénédicte Desforges de m'avoir gentiment laissé un mot d'encouragement et ses voeux de réussite, je lui souhaite plein de bonnes choses pour la suite. Espérons que cela porte bonheur, ce n'est pas tous les jours que l'on est encouragé par un flic, alors profitons-en, et prenons cette bonne augure comme un signe du destin. Et dire qu'au début, j'y connaissais rien, ou presque... Celui-ci réserve bien des surprises.

Reprenons nos marques... Le Larousse ménager de 1926, ma LOPSI, le Fernet-Branca... Mon Fernet-Branca !! Les bâtons de réglisse... Mathieu Chédid, en guise d'accompagnement. Mon mémoire de police scientifique... La cardamone, libère son parfum, j'expire à peine pour garder les vapeurs enivrantes de l'express', je suis fin prêt pour une nouvelle nuit de travail... Demain est un autre jour.

Par H.
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Dimanche 27 mai 2007 7 27 /05 /Mai /2007 01:04

Les concours sont bizarres... Bizarre, tiens comme c'est étrange. Voilà plusieurs milliers de candidats se pressant au portail des épreuves, tout en sachant que seule une poignée d'entre-eux se verront auréolés du titre de lauréat. Gueule de bois assurée. Les règles sont ainsi faîtes. Le titre à donner à cet évènement coule de source... Mission impossible. Si vous l'acceptez, sachez que les ingrédients qui vous permettrons de contribuer au succés que vous attendez tant, se situent dans vos talismans, à savoir... votre tête, votre coeur, et vos mains. Préparer un concours doit susciter chez chaque candidat tous les superlatifs... En tout. En quoi ? En tout. Mais encore...

Ma méthode consistant à aborder cette tranche de vie, m'a permis -involontairement- de redécouvrir le monde, ses multiples cultures, ses presque 5000 langues parlées le long des continents. Enfin... qu'il y ait 5000 langues, je le savais eu égard à mes cours de linguistique à la fac... Ayez donc un entretien avec un officier de la brigade des stup', et vous aurez le sentiment de converser, au bout de cinq minutes, avec un steward d'Air France. Filières albanaise, turques, clans nigérians, cartel de Medellin, mafias, triades, j'en passe et beaucoup d'autres. De Tokyo (Yakuza) à New-York, en passant par Marseille (le Milieu), vous prendrez la route des Balkans, et terminerez votre périple à Kaboul : Bienvenue à Opium city. Vous aurez le même ordre d'idées en passant à la rubrique terrorisme. On n'imagine pas à quel point ces deux grands aspects de la criminalité sont intimement liés. La préparation des épreuves m'inspire une aventure, un voyage à travers les civilisations. En effet, lorsqu'on souhaite aborder le sujet ô combien complexe de l'islamisme, par exemple, on tend à vouloir connaître un peu plus que ce que les médias veulent bien nous en dire. De surcroît, on plonge tête baissée dans l'univers des pays arabo-musulmans. Non pas celui des images préfabriquées par nos fantasmes imaginaires, et versant dans la caricature, mais dans celui d'Averroès, de Cordoux, de Lawrence d'Arabie, de Palmyre, d'Alep, et de tous ces multiples éléments qui font que la civilisation arabe ne se limite pas uniquement à l'expression la plus violente décrite dans nos médias, et chez certains de nos politiques... D'ailleurs, quelle société n'est pas violente, d'une manière ou une autre ? Je repense à ces longues heures passées à travailler la chimie, la bio et les maths... Révisions agrémentées par les thés à la menthe, le café à la turc, ou à la cardamone. Ma cuisine ressemble désormais plus au souk des rues de Damas, avec ses parfums de cannelle, du clou de girofle, de noix de muscade. Atmosphère autrefois terne et sombre, mes diners sont maintenant, souvent relevés par une pointe d'épice, une pincée de safran en guise de condiment... Bref tout cela me donne un avant-goût de l'ambiance à laquelle je me destine, en parcourant l'histoire de l'islamisme et du terrorisme, çà redouble en moi une volonté de mieux imprégner et comprendre ce sujet ô combien difficile... Les membres du jury souhaitent parfois connaître notre point de vue sur le terrorisme, autant alors l'explorer en y empruntant une parcelle des cultures culinaires de certaines sociétés... Joindre l'utile à l'agréable est tellement plus bénéfique à la préparation aux concours. Mes nuits étoilées sont ainsi accompagnées par mes traditionnels cafés dont le mare libère les senteurs exotiques de la cardamone. Je feuillette l'ouvrage de Gilles Kepel... Jamais je n'aurais tant appris sur le terrorisme, sans la lecture de ses essais...

Les bureaux sont bizarres... Bizarre, tiens comme c'est étrange. Ils reflètent notre façon de s'organiser, de penser, de travailler... Là mon Larousse ménager de 1926, au premier plan, le portable, outil indispensable à la connexion internet, et à l'accés au savoir et à la connaissance... A l'extrême droite mes dossiers, mon mémoire tout frais, tout net sur mes réflexions de la police scientifique... mes notes sur la LOPSI (mon alpha, mon oméga), mon disque de Metallica pour une poussée d'adrénaline, un disque de Paco de Lucia, un autre de Lisa Ekdahl pour l'harmonie. Et là au bout de la table, entre le que sais-je de Charles Diaz et mes bâtons de réglisses, patiente docilement, tranquillement, une boisson alliant simultanément efficacité et parfum d'outre-tombe : mon élixir. Mon Fernet-Branca, indissociable partenaire. Le seul alcool capable de désaoûler, si utilisé dans une potion prévue à cet effet. Il m'arrive d'en verser une lichette dans mon express'... Si si. Son amertume, son parfum, son essence dégagent une puissance faisant renaître en moi toutes les saveurs orientales et occidentales réunies. Une goutte de l'elixir, c'est l'universel, l'explosion, le feu d'artifice... 

J'ingurgite à petites gorgées mon express' imbibé de l'étrange liquide, et je replonge plus en avant dans mes dossiers de la police scientifique... Bizarre, vous avez dit bizarre, tiens comme
c'est étrange, comme c'est bizarre...

Par H.
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